Pourquoi il est urgent de découvrir le bar Les Brisants ?

Exploration Pourquoi il est urgent de découvrir le bar Les Brisants ? crédit photo - © Thomas Stefanczyk

À Treffiagat (29) se tient fièrement depuis quatre générations le bar Les Brisants. Plus qu’un lieu emblématique, c’est un patrimoine culturel qu’il faut visiter. L’âme qui s’y dégage est authentique, mais loin d’être éternelle. Coup de projecteur sur ce Port d’Attache pas comme les autres.

4 raisons de partir visiter le bar Les Brisants

1 – L’ambiance qui s’y dégage est hors du commun

Depuis l’extérieur, la porte bleue et la décoration murale attirent l’œil immédiatement, comme un appel à l’authentique. Peu importe la météo, peu importe le jour, la plupart du temps l’écriteau « ouvert » reste placardé sur la devanture. Lorsqu’on y pousse la porte, on s’attend à y découvrir un bar coquet de bord de mer comme nous en trouvons facilement dans la région. Ici, la première réaction est toute autre :

« Oh bordel, c’est quoi ce délire ? »

La décoration est unique, elle nous offre un voyage à travers plusieurs générations et à ce jour, c’est la quatrième qui est aux commandes. Découvrir le bar Les Brisants, c’est à la fois faire un saut dans le passé et appuyer sur la touche pause de la télécommande. L’ambiance est hors du temps. Lors de notre venue, nous étions les seuls clients, l’accueil fut à la hauteur de notre curiosité.

« Bonjour les jeunes, qu’est ce qu’on vous sert ? »

2 – L’accueil qui vous y est réservé est familial

La matriarche des lieux est là, assise au bord de la fenêtre, des mots-croisés à la main. Plus de 90 printemps au compteur, mais une courtoisie naturelle qui fait plaisir à rencontrer. Le temps de commander un breuvage et nos yeux se baladent du plancher jusqu’au plafond. Chaque élément de décoration raconte une histoire parmi celles des quatre générations qui se sont succédées sur place. Plus loin dans le bar, nos oreilles entendent une voix à l’accent prononcé rouspéter en breton et en français :

« Même mon genou coupe mieux que ce couteau ! »

Nous reconnaissons facilement le loup de mer de ces lieux, il faut dire que son portrait d’antan trône juste au-dessus de notre table. Le patriarche nous remarque, s’approche de nous en souriant et ne cache pas son enthousiasme pour nous raconter son histoire. Propriétaire des lieux et ancien pêcheur du Guilvinec, celui-ci se prête même au jeu de la photographie. Entre regard malicieux et coquetterie assumée lorsque nous lui montrons le cliché. Les anecdotes pleuvent, nous ne voyons plus le temps passer :

« C’est dans cette cheminée que les résistants se cachaient quand les allemands leurs couraient après ! »

3 – Car les jours de ce lieu sont malheureusement comptés

Si l’accueil nous met à l’aise si rapidement, c’est parce que nous avons l’impression de faire partie de la famille. D’ailleurs, le bâtiment comprend à la fois un bar et une pièce de vie avec cuisine. Un aménagement propre aux commerces d’autrefois, où il était commun de proposer des activités complémentaires : café et épicerie, bistrot et coiffeur ou encore boucherie-bar. Des lieux de vie qui animaient les villages et qui se transmettaient de génération en génération.

« Aujourd’hui c’est notre fille qui est la tenancière, mais après elle il n’y aura plus personne. »

Nous confesse la dame aux mots-croisés. Ce genre d’établissement se fait de plus en plus rare, car le patrimoine professionnel s’entremêle avec le patrimoine personnel des tenanciers. Depuis quelques années, ceux-ci disparaissent au compte-goutte, au fur et à mesure que le patron ou la patronne vient à rejoindre les verts pâturages. Faute de trouver des courageux pour reprendre ces activités atypiques. Souvent, les lieux comme celui-ci en bord de mer étant rachetés puis rénovés. Plus que des lieux insolites, ces bistrots et cafés bretons à l’ancienne font partie de notre patrimoine culturel.

4 – Le village de pêcheur qui entoure le bar Les Brisants est complètement dingue

Le Port d’Attache du bar Les Brisants, c’est aussi l’emblématique village de pêcheurs du Guilvinec. Toujours en activité, il n’est pas rare d’y voir les bateaux venir décharger leurs trésors du large. On vous l’assure, voir arriver une centaine de chalutiers estampillés GV (pour Guilvinec) dans la frénésie générale, est un spectacle surprenant.

Ce qui fait du Guilvinec le premier port de pêche artisanale du pays.

Une autre ambiance que nous ne manquerons pas de vous restituer lors d’un prochain sujet, après un bon café dégusté au bar Les Brisants. En attendant, laissez-vous tenter par la découverte de ce lieu qui n’attend que vous et votre curiosité. Après tout, si nous tuons le temps, celui-ci nous le rend bien non ?

Je suis le capitaine qui aime jouer avec les mots. Après des études dans le commerce et les finances, j'ai conservé cette attirance pour les joutes verbales. Ma philosophie est simple, mieux vaut danser sous la pluie plutôt que d'attendre le soleil.
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Ergué-Gabéric
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