Qu’est-ce qui fait le succès d’un festival ? On a testé les Trans à Rennes

Culture Qu’est-ce qui fait le succès d’un festival ? On a testé les Trans à Rennes crédit photo - © Port d'Attache - Marie Kowalski

Les festivals en Bretagne, ce n’est pas ce qui manque ! Et si la plupart ont lieu l’été, le festival des Trans Musicales a quant à lui lieu en hiver. Tous les ans en décembre, cet événement mythique de Rennes rassemble Rennais, Bretons, et des gens venus de plus loin. Port d’Attache s’est rendu à cette 44e édition à la rencontre des organisateurs, des artistes, et bien sûr des festivaliers, pour leur poser quelques questions sur leur vision du succès d’un festival breton. Voici ce qu’ils en pensent.

Un bon festival pour les artistes ? Interview du groupe Meule

Commençons par le point de vue des artistes. Pour cela, nous avons échangé avec le groupe Meule. Originaires de Tours, Valentin, Léo et Doris ont fondé le groupe en 2019 et se sont réellement lancés en 2021. Ce qui n’était au départ qu’un laboratoire pour eux s’est transformé en véritable projet avec albums, concerts et festivals.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, petit point sur leur musique en 3 mots  : “krautrock, électro et garage”. Le krautrock désigne ironiquement le rock progressif, expérimental et psychédélique allemand de la fin des années 1960.

Pour vous, qu’est-ce qui fait le succès d’un festival ?

“Pour commencer, pour moi, c’est une bonne programmation, à la fois en tant qu’artiste et en tant que festivalier”, Léo

“Moi, c’est vraiment personnel mais je n’aime pas quand il y a trop de monde”, Valentin

Meule semble en effet préférer les prestations où le côté familial prime, avec vraiment une écoute de la musique avant de simplement penser à l’aspect festif. Le groupe nous rapporte aussi favoriser les petits événements de par le souci de l’écologie. Cela leur paraît primordial de faire attention et cela devient plus complexe dans les festivals de grande envergure.

À propos de leur passage aux Trans Musicales, Valentin est plein d’éloges :

“Je trouve que les concerts sont super, les gens sont très gentils. Il y a une écoute, un vrai intérêt à la fois pour la fête, mais aussi pour la communion, le concert, la danse. C’est quelque chose qui me touche particulièrement ici.”

Le futur, Meule l’espère chouette :

“Avoir des albums chouettes, des tournées chouettes. Se dire qu’on a un parcours chouette, qu’on a vécu plein de choses. On veut être content de ce qu’on a fait.”

Ils nous expliquent aussi à quel point gagner la confiance des gens est important pour permettre d’oser se lancer dans des projets toujours plus fous.

À quel événement rêvez-vous de participer ?

“On a pas mal de blagues là-dessus. On s’est dit que si un jour, on allait aux festival des Vieilles Charrues, moi je me faisais une coupe de fou, une crête.”

En bref, un groupe plein d’entrain qui avait hâte de monter sur la scène des Trans Musicales.

Pour l’anecdote, notre interview a été interrompue par un groupe de jeunes garçons qui faisaient la chasse aux autographes. C’est aussi ça les Trans, un moyen idéal d’avoir une signature de futurs grands artistes.

Vision en interne : la mission de l’action culturelle

Ensuite, nous sommes allés à la rencontre de Lucie Beignet pour avoir l’avis d’un membre de l’organisation du festival. Depuis 2015, Lucie est chargée d’action culturelle pour les Trans Musicales. Voici en quoi consiste son métier :

“Je vais accompagner des publics qui ne viendraient pas forcément au festival et qui auraient besoin d’être accompagnés pour diverses raisons. […] Un exemple assez concret : aujourd’hui on accueille des collégiens. Ils sont très jeunes donc ils ne connaissent pas forcément le festival de par leur âge. Et en plus de ça, ce sont des collégiens qui viennent de Pleine-Fougère, à une heure de route d’ici. […] On accompagne des personnes âgées, en situation de handicap, mais aussi des jeunes qui viennent par exemple de la Protection des Foyers de l’Enfance.”

Comme Lucie nous explique, bien que le festival soit complet, ce n’est pas une raison pour ne pas communiquer : il faut “permettre à toutes et à tous d’avoir accès à nos propositions”. Son objectif est que “les gens qui découvrent le festival se sentent bien et qu’ils se sentent légitimes de venir.”

Peux-tu décrire les Trans en 3 mots ?

“J’aurais dit ambiance, diversité et découverte.”

Quels sont, selon toi, les ingrédients pour un bon festival ?

“Pour moi le succès d’un festival passe par la décoration. J’aime beaucoup arriver dans un endroit qui est très bien décoré, qui va mettre des paillettes dans les yeux ! Ensuite, je dirais les publics. Ça s’appelle les Rencontres des Trans Musicales et ce n’est pas pour rien. J’ai toujours trouvé qu’aux Trans c’était facile de rencontrer les autres. Évidemment il y a la programmation, mais pour moi elle est secondaire. Parce qu’en faite personne ne connaît les groupes.”

En effet, la spécificité des Trans est de mettre à l’affiche des artistes locaux, nationaux et internationaux peu connus. Le festival leur permet alors d’être un tremplin pour leur carrière.

À la rencontre des festivaliers : des points de vue variés

Pour terminer, nous avons interviewé ceux qui sont au cœur de la réussite et du succès ou non d’un festival :  les festivaliers.

Manon : sa première fois aux Trans Musicales

On a premièrement ceux qui viennent pour la première fois, comme Manon, 17 ans, originaire de Janzé près de Rennes. Elle est venue l’après-midi avec son lycée, et a réservé sa place pour le soir avec des amies. Et si elle est assez novice dans le domaine, elle a pourtant un avis bien construit sur la question. D’après elle, pour le succès d’un festival breton il faut :

“La bonne ambiance, que les artistes nous intègrent dans la prestation, nous fassent participer. Ensuite les costumes, les lumières, ça apporte vraiment quelque chose.”

Manon et ses amies ajoutent également la présence des fontaines à eau, détail auquel on n’aurait pas pensé mais qui a son importance.

Jean-Adrien, 10 ans de festivals à son actif

Nous avons ensuite échangé avec Jean-Adrien. À 26 ans, cela fait une dizaine d’années qu’il a commencé à découvrir les festivals. En bref, il a l’habitude. Il adore Rennes et c’est sa 4e fois aux Trans :

“Il y a toujours des groupes à découvrir. On croise toujours des gens, il y a une bonne ambiance. Il fait froid mais la qualité des concerts vaut le coup.”

Cette année il est venu pour Agoria, un grand nom de la techno française.

Pour lui, un bon festival repose sur la programmation avant tout, un équilibre dans le choix des artistes.

“Jongler entre les têtes d’affiches et les découvertes musicales.”

Lisa : ravie la première fois, elle est revenue en 2022

Lisa, 23 ans, est venue cette année avec Iris et Lila, 22 et 23 ans. Originaire de Brest, elle avait été conquise l’année dernière et elle a donc décidé de revenir en 2022.

Si Lisa vient avant tout par curiosité et l’envie de découvrir, elle est également portée par son statut d’étudiante.

“Étant étudiante dans les métiers de la culture, je trouve que c’est super intéressant et important de garder l’actualité sur les groupes français et étrangers. Et au niveau personnel, c’est toujours bien de se cultiver”.

Lorsqu’on lui demande les ingrédients d’un bon festival, certaines réponses reviennent mais on a également beaucoup de nouvelles idées :

“Je dirais la variété pour que chacun et chacune puisse trouver ce qui lui plaît. […] L’environnement, ici on n’est pas tous les uns sur les autres c’est important. La déco aussi !”

Iris complète son amie en expliquant que pour le succès d’un festival, il faut avant tout le penser comme un événement fédérateur. D’après elle, un bon festival serait aussi un événement avec une parité dans les artistes programmés ainsi qu’un événement où on se sent en sécurité.

Finalement, la réussite d’un festival ne repose pas uniquement sur sa programmation. Décoration, convivialité, découverte. C’est cette singularité du festival breton des Trans entretenue depuis plus de 40 ans qui en font cette force et ce succès. Et que l’on y vienne pour telle ou telle raison, le plus important est que l’on y passe un bon moment. Et pour anticiper la belle saison, découvrez notre sélection de festivals de printemps en Bretagne.

Originaire de St-Brieuc, je suis très attachée à la région Bretagne ! C'est pourquoi je suis aujourd'hui la social media manager de Port d'Attache. Enthousiaste et passionnée, je suis bien décidée à mettre du vent dans les voiles et garder le cap pour montrer les richesses de notre belle région !⛵️
132 articles
Rennes
Lire les articles de Claire Desrues