Interview de Jean Le Cam : comment les Bretons peuvent l’aider

Sport Interview de Jean Le Cam : comment les Bretons peuvent l’aider

Certains l’appellent « Le Roi Jean », tandis que d’autres l’ont fraîchement gradé au rang de Chevalier de la Légion d’honneur. Son regard sur la course au large d’aujourd’hui, ses prochains défis et comment les bretonnes et bretons peuvent l’aider… nous sommes allés à sa rencontre à Port-la-Forêt (29). Voici l’interview du Roi Jean Le Cam, avec son lot d’anecdotes inédites et une annonce qui force le respect.

Interview du Roi Jean Le Cam, l’infatigable navigateur

Suite à une quatrième position au dernier Vendée Globe 2020, c’est avec une note d’humour que Jean Le Cam rétorque « à la place du con ». Un caractère bien trempé qui fait sa signature et une authenticité qui passionnent ceux qui le suivent depuis quelques décennies.

Comment fait-on pour rester au top dans sa tête et dans son corps quand on s’apprête à faire une course au large en solitaire ?

Je m’occupe essentiellement de mon bateau, Hubert et quand j’ai un peu de temps pour moi je vais au Golf.

Depuis que tu navigues, combien de mille nautique as-tu parcouru sur les océans ?

Alors là ! Je n’ai jamais compté… ça fait tellement longtemps que je navigue. Je vous laisse calculer ! En sachant que j’ai bouclé 6 tours du monde. En y ajoutant les Jacques Vabre, Solitaire du Figaro et autres.

L’anecdote : suite à nos calculs, Jean Le Cam a parcouru environ 165 000 milles à ce jour. Soit 305 580 km. En sachant que la terre fait 23 068 km de distance, cela fait plus de 13 fois le tour de la planète sur un bateau. l’ensemble sans compter les sorties personnelles.

C’est quoi le meilleur plat que tu as mangé sur un bateau ? Ainsi que le pire ?

Le pire ce sont les plats Lyophilisés ! Pour le meilleur plat, je me rappelle d’une Transat AG2R avec Florence Arthaud, elle avait eu par un admirateur du caviar. Alors avec elle, on s’était fait des œufs caviar. C’était pas mal !

Dans le monde et hors France, où se trouve ton Port d’Attache préféré ?

En Nouvelle Zélande, c’est un endroit qui m’a marqué et où j’aimerais bien retourner.

Être sur l’eau est ton métier, ce qui s’y trouve en dessous te passionne t-il aussi ?

Si je plonge c’est pour enlever les filets de pêche ou des algues. Mon élément est d’être sur l’eau !

Depuis le temps que tu navigues, de ton regard d’expert, constates-tu une évolution liée au réchauffement climatique ? Et à la pollution des océans ?

Oui et plutôt dans le bon sens. Sur le parcours du Vendée Globe par exemple on est moins confronté au dégazage. Il n’y a presque plus de barils qui flottent ou du fioul sur le bateau en retour de navigation. C’est une évolution environnementale dans le bon sens et ça grâce à l’éducation et aux lourdes sanctions qui ont été mises en place. Beaucoup reste à faire mais les mentalités changent notamment chez les jeunes et il faut continuer à éduquer c’est important.

Bon à savoir : le parcours du Vendée Globe fait que les participants ne rencontrent pas le « Continent de plastique ». Il occupe 1,6 million de km² dans l’océan Pacifique, à mi-chemin entre Hawaï et la Californie.

Ton top 3 des conseils que tu peux donner à un ou une jeune qui souhaite se lancer dans la course au large aujourd’hui ?

Connaître son bateau et mettre les mains dedans ! Croire en soi et avoir confiance.

L’interview du Roi Jean Le Cam : c’est quoi ton prochain défi ?

Imaginer un nouveau concept, trouver des leviers pour plus d’accessibilité aux jeunes et me concentrer sur ma petite entreprise pour participer au prochain Vendée Globe.

Un projet de Vendée Globe qui s’esquisse dans les voiles

Jean Le Cam a un nouveau rêve dans le coin de la tête, pour repartir aux quatre coins du globe. Être au départ du prochain Vendée Globe 2024. Un projet à prendre avec des pincettes, puisque c’est une réflexion qui amènent certains défis. Il aura 65 ans au compteur, un chiffre rond qui ne lui fait pas peur. Qui dit nouvelle édition de course au large, dit des moyens financiers pour être bien préparé :

  • Le ticket de 1ère classe à plus de 3 millions d’euros
  • La 2ème classe à 1 million d’euros et reste le budget moyen du précédent Vendée Globe
  • La troisième classe est parfois en dessous de 500.000 euros

Quand bien même le budget de ce nouveau projet est en étude, pour être sur la ligne de départ, la bataille du financement est essentielle. Des montants à relativiser si nous comparons à d’autres sports où ces volumes restent anecdotiques. À ce jeu, le compétiteur sait pouvoir compter sur sa communauté soudée pour faire passer le message.

Le meilleur moyen de soutenir les projets de Jean Le Cam est de contribuer au succès de son entreprise « Mer Vent ».

Vendée Globe ou pas, la clé reste le sponsoring ! Si vous souhaitez aider notre roi expérimenté, c’est en recommandant sa PME finistérienne à des entreprises en quête de visibilité que nous pouvons le faire. Passons le mot, appuyons-nous sur la diaspora bretonne et la solidarité des entrepreneurs de la région. La performance qui nous attend et les valeurs intergénérationelles de Monsieur Le Cam en valent la chandelle.

Je suis le capitaine qui aime jouer avec les mots. Après des études dans le commerce et les finances, j'ai conservé cette attirance pour les joutes verbales. Ma philosophie est simple, mieux vaut danser sous la pluie plutôt que d'attendre le soleil.
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Ergué-Gabéric
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