Savoir prononcer le nom de son village breton

Culture Savoir prononcer le nom de son village breton

Dans la précédente leçon, nous vous apprenions à traduire le nom de votre ville en breton et vous pouvez la découvrir à nouveau en cliquant sur le mot « patelin ». C’est que la Bretagne dénombre pas moins de 1276 communes en son cœur, soit 1000 bonnes raisons de se tromper sur certaines prononciations. Savoir prononcer le nom de son village breton, vous êtes chauds ?

De quoi en perdre son latin quand il faut demander son chemin aux bretons entre Rosporden et Pont-Aven. Rassurez-vous, l’équipage de Port d’Attache est là pour vous éviter certains pièges !

À chaque village breton son accent

Toute la différence se trouve là ! Nous savons que les noms de villages bretons constitues de véritables mentions géographiques et culturelles, car l’attache de ses habitants y est importante.

Tout comme un accent chantant du Sud de la France, l’accent breton est lui aussi reconnaissable. Et il est encore plus prononcé en Basse-Bretagne en raison d’une influence plus importantes des bretonnants à cet endroit, venant compléter une identité géographique déjà très forte.

Cette drôle de prononciation fonctionne avec son accent le plus tonique, généralement placé sur l’avant-dernière syllabe et pas sur la dernière comme en français. Jusque-là l’échauffement est plutôt simple, votre gymnastique labiale du jour peut commencer.

Prononciation au pays des chapeaux ronds

Il existe moultes différences entre les prononciations de nos villages bretons, que se perdre en route en devient presque inévitable.

« Pourquoi prononcer le « s » de Daoulas et pas celui de Saint-Gildas ? Ou encore dire le « t » de Spézet et pas celui de Bréhat ? »

Inutile d’envoyer une lettre en recommandé avec accusé de réception au 221B Baker Street à Londres, puisque la réponse nous vous la donnons ici même :

« Il n’existe aucune règle pour prononcer le nom de votre patelin. »

Oui, c’est du cas par cas ! Nous ne sommes donc pas encore sortis de l’auberge. Pour prononcer le nom de son village breton, il faut parfois de l’entraînement.

Ainsi, pour les villages terminant par -en, il ne faut jamais les prononcer (an) (qui est un usage habituel en français), mais dans la majorité des cas en (in). Et ce même (in) n’est pourtant pas un usage systématique en Breton ! Bienvenue dans la langue du « au hasard » diront certains et ce n’est pas tout à fait faux.

La terre où les langues se mêlent

Pour connaître la raison de toutes ces disparités il faut s’intéresser à l’histoire de chaque village. Car certains se sont au fil des âges francisés plus rapidement que d’autres. Et lorsque le français est venu mettre son grain de sel dans le kouign-amann breton, le résultat en devient parfois déroutant.

Si nous prenons à nouveau l’exemple de Rosporden, il se prononçait à l’origine (ènn), avant l’arrivée du français qui le transforma en (en). Le meilleur moyen de ne pas se tromper est donc de demander aux locaux en cas de doute, puisque cette prononciation n’est pas isolée : Erdeven, Kernascléden, Pont-Aven, etc.

De même que pour les communes se terminant en « c’h » comme Penmarc’h, Crac’h et Brec’h, où la terminaison se prononce (rhe). Ressemblant à la jota espagnole et au (CH) allemand. Soit tout l’inverse de la prononciation dans Loch Ness.

L’astuce de l’équipage Port d’Attache pour prononcer le nom de son village breton

Pour éviter un maximum d’erreur finalement, voici la question à se poser si nous doutons d’une prononciation :

« Ai-je à faire à un village breton totalement prononcé à la bretonne ? À un village breton prononcé à la française ? Ou à un village breton qui fut prononcé à la française avant de revenir à une prononciation bretonne ? »

Pas facile donc, mais très enrichissant lorsque l’on se prête au jeu ! Pour aiguiser votre sens de la prononciation, vous pouvez également vous appuyer de l’alphabet breton, qui sera une corde de plus à votre arc lors de vos excursions.

Je suis le capitaine qui aime jouer avec les mots. Après des études dans le commerce et les finances, j'ai conservé cette attirance pour les joutes verbales. Ma philosophie est simple, mieux vaut danser sous la pluie plutôt que d'attendre le soleil.
135 articles
Ergué-Gabéric
Lire les articles de Simon Lagadec